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La peur de l'engagement serait-elle responsable du célibat des trentenaires ?

De plus en plus de trentenaires célibataires

De moins en moins de millennials s’engagent dans une relation amoureuse durable. Il en résulte des électrons libres qui multiplient les relations légères, éphémères, superficielles et de courte durée. Un phénomène qui, quelques années auparavant, bénéficiait d'une image négative et qui connait aujourd'hui une revalorisation. Le célibataire représente souvent dans les médias, les films, la nouvelle littérature, la figure de la personne libre, moderne, indépendante etc...

Vous enchainez les relations d’un soir ou de quelques jours ? Que ce soit votre choix ou celui de vos partenaires. Vous n'êtes pas un cas isolé ! Nous essayons dans cet article de soulever quelques hypothèses pour décrypter ce phénomène social de plus en plus répandu. Lequel entraine un nombre croissant de célibataires chez les trentenaires notamment.

Au commencement était l'amour ?

Qu'il s'agisse d’une mode ou d’une tendance sociale plus profonde et durable, la frivolité des relations et le célibat croissant sont des faits que nous pouvons tous remarquer autour de nous et dont certains peuvent souffrir, avec la croyance ancrée et persévérante au prince ou à la princesse charmante en toile de fond psychologique. Pour rompre leur solitude, certains rêvent de mariage et vivent mal leur célibat. Ce qui est compréhensible à bien des égards.

Le philosophe Platon, se référant à la mythologie grecque, nous rappelle que Zeus a puni les humains de leur orgueil en les sectionnant en deux, et que c’est le désir et la recherche d’une réunification (« fondre ensemble ») qu’on appelle l’amour (mythe d’aristophône). Mais peut-être aujourd’hui, à l’heure de l’individualisme, serait-il inutile de faire Un avec l’autre puisque nous ferions déjà Un avec nous-même : hypothèse ! ;-)

Quant au psychanalyste Jacques Lacan, il comparait l’amour à une main qui se tend vers une autre qui recule, et s’avance dès que la première a reculé. Ce qui peut faire penser au jeu du chat et de la souris. En effet, il est notable que la réciprocité parfaite et simultanée existe rarement en amour, et peut-être serait-il plus sage de l’accepter. Par principe, le désir nait du manque, il parait donc inévitable de devoir marquer de temps en temps un petit désengagement dans la relation en reculant sa main quand l'autre avance la sienne pour inciter l'engagement de l'autre. En somme, peut-être est-il plus sage de prendre la mesure de son propre engagement et de celui de son partenaire si l'on souhaite faire perdurer une relation ? 

Avons-nous affaire à une mode ?

Un facteur pouvant expliquer cette peur de l'engagement : nous sommes en permanence en train de fantasmer une herbe plus verte ailleurs. Ne sommes-nous pas d'éternels insatisfaits ? Nous vivons dans une société où plusieurs milliers de possibles s’offrent à nous. A la moindre difficulté avec un partenaire, il est plus facile d’aller voire ailleurs que d'affronter les problèmes et les frustrations. Nous évoluons dans un monde où règne le culte du changement, de la nouveauté. Nos attentes sont élevées et l’on attend toujours de rencontrer la perle rare avant de se fixer et de persévérer avec une personne. Ce que la libéralisation des moeurs sexuelles notamment a permis.

Au delà de la peur de l’engagement, il y a aussi la culture du désengagement ou du non engagement. Les codes de l’amour ont connu de larges modifications. L’engagement se fait de plus en plus difficile et rare. Au temps de nos parents, on observait des étapes : les hommes faisaient la cour aux femmes, les personnes se fréquentaient plusieurs fois avant de s’embrasser puis formaient un couple jusqu’au mariage ou au concubinage. Aujourd’hui, même coucher avec une personne ne signifie plus sortir avec elle… L’acte de faire l’amour ne scelle plus de relation. Cela ne va plus de soi. On ne s’engage plus dans des relations de façon aussi évidente qu'avant.

Peur de l'engagement ou libre choix de ne pas s'engager ?

La peur de l'engagement traduit tout à la fois des craintes quant à un avenir incertain, une peur de liberté amputée, l'angoisse de passer à côté d'une multitudes d'autres possibilités, l'appréhension peut-être inconsciente de perdre son identité, son Je dans un Nous. Nombreuses sont les causes du désengagement amoureux. En tous cas, il peut être rassurant de savoir qu'il s'agit d'un fait social et que les personnes concernées sont loin d'être marginales.

Nous parlons de la peur de l'engagement, mais il peut très bien s'agir aussi d'un choix délibéré et réfléchi de ne pas souhaiter s'engager. Et les personnes concernées n'ont pas pour autant un problème psychologique. Elles font des choix qui sont tout aussi respectables que celles qui cherchent une relation engageante. Ces hommes et ces femmes n'ont pas à subir de pression sociale ni faire l'objet de stigmatisation, c'est leur droit et leur liberté. Les dictats sociaux nous poussent tantôt vers un schéma tantôt vers un autre et les jugements de valeur pleuvent qu'on aille dans une direction ou une autre.

J'ajouterai encore un mot personnel, que vous vous engagiez ou non dans une relation, et quelque soit la nature de celle-ci et le degré d'engagement que vous lui accordez, préservez votre liberté et votre libre arbitre. Ceci n'est pas un éloge de l'infidélité, nous pouvons tout à faire être libre en étant en relation.

Audrey de Nice To Meet You

[Sortez. Rencontrez. Vivez]

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